Jacques Chêneau, M.D.
39 rue des Chanterelles, 31650 Saint Orens France
Tel. National 05 62 24 88 19 Fax 05 62 24 83 80
Tel. International 00335 62 24 88 19 Fax 62 24 83 80
(mise à jour au 19 mars 2012)
Pour les informations les plus récentes et pour communiquer, voir le weblog http://blog.cheneau.info/
Voir aussi ma page de l’atelier de septembre 2009 en Ukraine
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corsets generalites
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general |
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fabrication
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Note préliminaire. Pressé par l’âge, la santé et par l’abondance des matières, je suis contraint de renoncer à écrire en cinq langues, comme jusqu’à présent. Les logiciels d’aide à la traduction pourront aider mes lecteurs, car ils ont fait de gros progrès. Il importe toutefois qu’un véritable expert dans la langue traduite par le ologiciel vérifie et corrige ici et là les quelques phrases obscures ou ambigues.
EDITORIAL
Au crépuscule de ma vie, qu’ai-je réalisé de positif ? Il y a une quarantaine d’années, un très grand nom énonçait des « réflexions amères sur la scoliose ». Partout, on lisait que « les corsets ne servent à rien. C’est une perte de temps. Ils n’empêchent pas une scoliose de s’aggraver. Et il faut opérer, plus tard et dans de mauvaises conditions ». On le lit et le dit encore ici et là, surtout chez ceux des professionnels qui aiment opérer. Il est d’ailleurs une disposition d’esprit curieuse, mais universellement répandue. Un patient et son entourage ne perçoivent une maladie comme grave que lorsqu’ils en sont sortis par une opération chirurgicale. Sort-on de la scoliose ainsi ? Un scoliotique opéré est redressé, mais raide. Il reste une invalidité, moindre que celle de la scoliose dans les cas où l’indication a opératoire a été bien posée. Mais, entre autres inconvénients, au terme d’une ou deux décennies, le surmenage des deux segments intervertébraux, l’un sous- l’autre sus-jacents à la zone fusionnée, provoque des douleurs telles qu’il faut opérer de nouveau. Je ne sais quelle est la proportion de ceux qui échappent à cette situation, mais en consultation, j’en ai vu beaucoup, et autour de moi, ceux que je savais opérés on dû l’être de nouveau, souvent plusieurs fois.
Le corset guérit, pratiquement complètement et sans séquelles ni effets iatrogènes, chaque fois qu’il est bien indiqué, bien fait et bien entretenu. Mais cela exige de l’équipe traitante une somme énorme de connaissances, qu’il faut de nombreuses heures pour acquérir. Cela exige aussi un ensemble de soins notamment pour l’entretien du corset, qui rendent le traitement non seulement peu rentable, mais souvent déficitaire. Celui qui entretient convenablement un corset a la conscience de voir guérir son patient. Mais cette bonne conscience ne paye pas les frais de locaux, de matériel, de personnel, ni les charges écrasantes. La tentation de laisser opérer est grande. Dans la pratique, je n’observe pratiquement jamais d’ajustages périodiques de corsets qui soient bien faits et complets.
Abbott guérissait les scoliotiques, même graves, même adultes. Ses successeurs ont privé sa technique d’un élément essentiel, les chambres d’expansion. Certains traitants en ménagent, mais toujours insuffisamment. Je n’ai vu aucune exception, et serai enchanté de faire des excuses, si quelqu’un me montre qu’il le faisait. Ceux qui se réclament de mon système, eux aussi, négligent presque tous cet élément fondamental. C’est par ignorance de la situation exacte des surfaces à dégager, et pour présenter à la mère du ou de la patiente un appareil qui le ou la mincit. De plus, il y a les nombreuses idées fausses. Beaucoup d’entre elles viennent d’outre Atlantique. J’ai contribué à les chasser, mais il reste encore des équipes et des pays retardataires, parmi lesquels la France occupe une place de choix. Il y a aussi ceux qui, pour glisser leur nom et par espoir de puissance, prétendent perfectionner mon système. Presque tous ressuscitent simplement des modèles que j’ai présentés une ou deux décennies auparavant. Ils répondaient alors à des idées apprises, dont quelques unes étaient fausses. De tels « nouveaux » corsets ne comportent pas les solutions aux problèmes d’alors, actuellement résolus depuis des années sinon des décennies.
Depuis vingt deux ans, l’informatique est apparue et a apporté de grands espoirs de simplification et de standardisation. J’ai contribué à sa mise au point, difficile et semée d’embûches. Les obstacles sont multiples et tiennent d’abord à la machine (hardware) : la fraiseuse ne pouvait pas encore obtenir certains reliefs très marqués, indispensables à une bonne correction. D’autres obstacles sont dus au logiciel de fraisage. A l’époque, il était incapable d’apporter des modifications en moins (imitant les décharges plâtrées) et en plus (recharges) qui seraient aussi audacieux que le permet la fabrication sur moules plâtrés. Nous nous sommes également heurtés au problème des repères. En 1990, les ingénieurs de la maison IPOS avaient choisi le pubis comme repère de base. Je participais aux tables rondes, et n’avais pas vu d’inconvénients à cela. De ce fait, je partageais la responsabilité de cette erreur. En effet, le pubis est à des hauteurs très différentes selon que le patient se tient en lordose ou en cyphose lombaire. Dans cette dernière position, la distance-hauteur entre pubis et épines iliaques antérieures, autre repère essentiel, est négative. Cette différence de signe, positif ou négatif, entre deux chiffres ne peut en aucun cas être prise en compte par l’ordinateur. Cela fait que, lorsque le chiffre était négatif, la silhouette fraisée était aberrante. A présent, l’une des écoles propose le trochanter comme point de base. Il est fixe, mais actuellement hors corset dans tous les cas. Je propose la taille, repère universel de tous les corsets et de toutes les écoles. Le quatrième obstacle enfin à la régularité dans le fonctionnement de l’ordinateur était le logiciel d’application : celui qui déterminait le détail des sculptures du moule. Entre 1990 et 1999, il ne pouvait pas ne pas être influencé par les règles que l’on m’avait apprises, et dont plusieurs étaient fausses. La correction de ces dernières, lente, par paliers successifs, a posé aux ingénieurs de gros problèmes techniques et financiers. Je le regrette, mais il ne pouvait en être autrement. A présent, l’informatique est presque au point. Reste à faire assimiler par le gros des Techniciens la maintenance, action de toute première importance.
L’avenir immédiat oscille entre la fabrication informatique et celle modulaire. L’une n’exclut d’ailleurs pas l’autre. Il existait depuis la fin de la guerre une technique modulaire, qui d’ailleurs ne prétendait réduire une scoliose que par corsets plâtrés. On faisait trois plâtres réducteurs, puis on « maintenait » dans une certaine mesure la réduction des plâtres par un corset en plastic et métal. L’inconvénient de cette méthode est qu’il n’est possible d’opérer les réglages qu’en hauteur et en largeur, pas en épaisseur ni en détails. La disposition des vis et trous filetés s’y oppose. Dans la pratique, je n’ai jamais vu régler ce genre d’appareil autrement que pour augmenter la taille et la largeur du patient. Je n’ai jamais vu de réglage valable en épaisseur ni en détail. En ce qui concerne l’autre méthode connue et valable un temps, il faudrait tout de même abandonner enfin le Milwaukee, qui a rendu de nombreux services lorsque l’on n’avait pas mieux. Une école présente depuis peu un module où deux mats métalliques obliques relient des pièces inspirées d’assez près des zones que j’ai décrites, disposées en anneaux et portions d’anneaux. J’ai pu disposer de séries de photos de deux patients, avec radios et images sous corset, et noter les montages selon le respect des appuis-expansions. L’une est notée 11,8 sur vingt, ce qui est acceptable, l’autre 13,4 : C’est bon. Resterait à chiffrer l’inchiffrable : la maintenance. Je sais que l’adaptation de ce type de modules exige beaucoup de temps. La maintenance en exigera encore davantage. Il sera peut-être possible de faire des réglages tridimensionnels, mais ce sera très difficile et sûrement imprécis. J’ai toujours redouté l’association du métal et du plastique, car entre autres inconvénients, toute modification de forme d’un mat oblige à reprendre le montage de l’ensemble. Par ailleurs, les pièces constituantes ne sont pas homogènes dans leur fonction, ce qui fait qu’en déplacer une réadaptera bien certaines de ses zones mais en désadaptera d’autres. J’avais déjà observé cela il y a trente cinq ans pour les modules en usage à cette époque.
Avec le Docteur Kotwicki et Monsieur Grabski, de Poznan, nous tentons de faire des corsets classiques, mais qui sont divisibles en deux, trois, quatre et jusqu’à cinq parties. Chacune de ces cinq pièces est cohérente, et comporte des zones dont l’évolution simultanée est rationnelle. Il est alors relativement simple de déplacer une pièce, c’est-à-dire une région, dans une direction quelconque : vers le centre du corps, ou au contraire vers l’extérieur, ou vers le haut ou le bas. On peut l’incliner dans une position souhaitée ; si un obstacle persiste ou apparaît, il est souvent possible de le lever par remodelage semi-tridirectionnel, simple et rapide. Presque tout cela se fait sur le patient lui-même, et peut donc être réglé avec exactitude. On écarte alors le corset du patient, et on fixe la région à sa nouvelle place, simplement par deux rivets là où il y a chevauchement, et par pontages là où il y a espace. Ceci est une semi-modulation. Je ne pense pas voir l’aboutissement de ces essais, car il leur faut du temps pour être fiables. Mais j’espère qu’ils se feront après moi, au grand bénéfice des patients.
On me reproche souvent d’avoir beaucoup changé au cours du temps les formes des corsets. Mais puis-je laisser sans correction des défauts graves après en avoir trouvé la solution ? D’ailleurs, ces défauts persistent dans les autres écoles. Tout ce qui est humain se perfectionne au fil des temps. Un exemple est l’informatique où les versions des logiciels se succèdent très vite. Cette variabilité de l’informatique.vaut dans le domaine de la fabrication des corsets comme dans tous les autres domaines.
Tout bien pesé, les progrès sont considérables. Plus personne n’a le droit d’émettre des « réflexions amères » . Il reste cependant beaucoup à faire. Il faudra mettre mieux au point l’informatique ; en débarrasser (l’informatique aussi) des idées fausses qui n’ont pas manqué d’y être introduites par les équipes retardataires ; généraliser la connaissance. C’est un travail gigantesque devant une incompétence partout présente. Une fois la fabrication informatique au point, il restera un besoin de connaissance impératif pour assurer la maintenance, ce que ne fait valablement presque personne à l’heure actuelle. L’exemple d’Abbott me navre. Ce génie a publié pour la dernière fois en 1912. On me dit qu’il serait décédé en 1935, sans toutefois que je sois parvenu à trouver une source officielle de ce renseignement. Pourquoi Abbott a-t-il été cité universellement depuis la dernière publication, mais ne lui a-t-on jamais alors demandé directement son avis depuis ? Il a été trahi par ceux qui disaient perfectionner son œuvre. Ils ont tous négligé ou réalisé de façon sommaire un facteur capital, les chambres d’expansion.
Avant de disparaître, j’ai quelque espoir de voir la scoliose codifiée dans le plus grand intérêt des patients, mais aussi de telle sorte que ceux qui sauvent les scoliotiques et dépensent pour cela une énergie considérable puissent vivre décemment.
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Poznan, Pologne, Novembre 2004. Habituellement, je ne montre pas le visage des patients pour assurer l’anonymat. Mais cette jeune fille a voulu que je montre, non seulement le corset, mais aussi sa joie d’avoir un appareillage aussi confortable et aussi discret. A l’arrière plan, le Docteur Kotwicki.
31/05/2006. J’ai eu des nouvelle de la jeune fille de cette image. Il parait qu’elle va bien. Nous avons passé trois semaines en Pologne, pour un congrès international, organisé par les Docteurs Kotwicki (Ici sur l’image) et Durmala, de Katowice. Avant et après, nous avons fabriqué et ajusté environ soixante dix corsets. En fin de séjour, nous avons étudié la possibilité de détacher une pièce du corset et de la mobiliser pour régler l’évolution de la scoliose plus vite, plus facilement et de façon plus esthétique. Ceci, semble-t-il, avec succès. Merci au Docteur Kotwicki et à Monsieur Grabski, ainsi qu’à toute l’équipe de Poznan. Merci aussi à l’équipe de Katowice. |